MÉTABOLISME ET HOMÉOSTASIE CÉRÉBRALE: COMPRENDRE LES BESOINS ÉNERGÉTIQUES DU CERVEAU
John Signer | Mars 2025
Comprendre les bases en neurosciences
Les neurones ne travaillent pas seuls
Nutriments et oxygène
Pour survivre et assurer sa fonction, un neurone a besoin de trois éléments essentiels :
1. Une grande quantité d’énergie
Pour produire de l’énergie, les neurones ont besoin d’oxygène, utilisé par les mitochondries – véritables “centrales énergétiques” de la cellule – pour synthétiser une molécule essentielle : l’adénosine triphosphate (ATP).
L’ATP est avant tout une source d’énergie. De nombreuses réactions biochimiques à l’intérieur des cellules du corps nécessitent la présence d’ATP. La molécule va intervenir chimiquement dans la réaction afin de faciliter son succès.
Quelques cas de figure où elle est nécessaire :
– permettre la libération des neurotransmetteurs (en intervenant dans la fusion membranaire).
– rétablir les gradients ioniques après un potentiel d’action (en les ouvrant et en les fermant).
– transporter des protéines et organites à l’intérieur de la cellule (en activant des protéines de transport).
2. Des matériaux nécessaires au maintien de sa structure et de son activité
Pour former sa membrane et établir de nouvelles connexions synaptiques, le neurone a besoin de lipides. Pour produire de l’ATP, il va utiliser du glucose. Pour synthétiser ses neurotransmetteurs, il puise dans les acides aminés. Pour générer un potentiel d’action, il dépend des ions et pour fabriquer de nouvelles protéines, il se base sur de l’ARN, une molécule composée de nucléotides.
Tous ces matériaux, ce sont des sous-produits de la nourriture que nous consommons, métabolisés, éventuellement transformés puis transportés jusqu’au cerveau en passant par le sang.
3. Une barrière sélective aux portes du cerveau
Le sang n’est pas en contact direct avec les neurones. La barrière hémato-encéphalique agit comme un filtre extrêmement sélectif, ne laissant passer que les nutriments nécessaires au bon fonctionnement du cerveau. Les apports sanguins sont régulés en fonction de l’activité des différentes zones cérébrales. Autrement dit, si les neurones d’une zone spécifique du cerveau sont particulièrement sollicités à un moment donné, l’apport sanguin et le passage des molécules essentielles au bon fonctionnement des neurones augmentent localement.
La barrière doit être très sélective et imperméable, car le cerveau est un organe fragile, qui ne doit pas être exposé à des substances toxiques ni à des pathogènes. De plus, elle permet l’évacuation des nombreux déchets biochimiques produits par l’activité cérébrale.
Ainsi, la barrière hémato-encéphalique maintient l’homéostasie du cerveau, assure la nutrition de ses cellules et facilite l’élimination de ses déchets.